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Talia

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MessageSujet: Nouvelles.   Jeu 14 Jan - 23:40


EH TOI ! OUI, TOI ! BIENVENUE !

Hellow et bienvenue dans ma galerie de nouvelles. :3 Je m'appelle Marine, j'ai 16 ans et demi, je suis en 1ère L. J'ai toujours adoré écrire, c'est une passion qui passe même avant celle du dessin. Quand j'étais petite, je passais mon temps à faire des dessins dans un cahier, et à écrire des phrases en dessous, de sorte à créer une sorte d'histoire. Le temps passant, cette passion pour l'écriture s'est renforcée, et j'ai vraiment commencé à prendre confiance en moi lorsque je suis arrivée en 5ème, et que ma prof de Français m'a donné un 19/20 à ma rédaction et m'a dit que j'avais vraiment une belle plume. Ça m'a fait très plaisir, surtout que je m'étais donnée à fond dans cette rédaction.

A partir de ce moment, j'ai débuté l'écriture d'un roman, qui est terminé aujourd'hui. Malgré tout, je l'ai écris lorsque j'avais 12 ans, alors quand je l'ai relu il n'y a pas si longtemps que ça... mon dieu, j'ai trouvé ça tellement nul. xD Mais je suppose que c'est normal. Et puis, en Décembre 2014 (ow, déjà ?), j'ai commencé un nouveau roman, intitulée "Hysteria" (je pense changer le nom, mais je n'ai pas encore trouvé d'idée). Je l'ai terminé quelques mois plus tard, et il fait environ 200 pages. J'en suis toujours fière aujourd'hui, et vais d'ailleurs commencer une réécriture (j'ai l'intention de rajouter des chapitres, des détails, etc... parce que certains passages sont vraiment bâclés), pour minimum atteindre les 250 pages (mon objectif serait d'atteindre les 300). J'essayerai surement de le faire publier une fois que ce roman sera réécrit, lu, relu, re-relu... Riez si vous le souhaitez, je sais que c'est un sujet qui peut prêter à rire. Publier un livre ? Aha, rêve de gamin, oui, mais rêve difficilement réalisable ma fille, tu devrais le savoir. Oui, je le sais, mais qu'est-ce que j'ai à perdre ? Qui ne tente rien n'a rien. Je sais que se faire publier ne dépend pas seulement de la qualité de la plume ou du style d'écriture ; il faut aussi avoir de la chance. On peut très bien présenter son livre à 25 maisons d'éditions qui vont nous recaler, et on abandonne donc. Alors que si on avait envoyé notre texte à une 26ème maison d'édition, elle nous aurait accepté. Ça dépend également du hasard, mais surtout, surtout, de la persévérance. Il y a très peu de chance que quelqu'un soit accepté dès sa première tentative d'édition. Il faut continuer à envoyer, envoyer, jusqu'à ce que l'on trouve un éditeur qui accepte de nous publier. Je me suis donnée du mal pour écrire ce bouquin, alors je vais pas baisser les bras maintenant. e_e

Bref. J'écris aussi des nouvelles. Ecrire permet d'extérioriser tout ce que je ressens, que ce soit bon ou mauvais. Cela me permet d'oublier un instant tout ce qui m'entoure, de me plonger dans ce que j'innove, et de mettre derrière moi tout ce qui ne va pas. C'est pour ça que je créé ce sujet ; pour me permettre de présenter toutes mes nouvelles dans un seul et même sujet. J'ai bien ouvert ma galerie de dessins, alors je me suis dit : "Pourquoi ne pas faire pareil avec l'écriture ?".

_________________
« It comes in waves, I close my eyes. Hold my breath and let it bury me.
I'm not okay, and it's not alright. Won't you drag the lake and bring me home again ?
Who will fix me now ? Dive in when I'm down ? Save me from myself, don't let me drown.
Who will make me fight ? Drag me out alive ? Save me from myself, don't let me drown. »



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Talia

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MessageSujet: Re: Nouvelles.   Jeu 14 Jan - 23:41

L'ILLUSION DU TEMPS

Vous connaissez surement cette fameuse phrase où l’on vous dit et vous répète qu’il faut profiter de la vie et dire ce que l’on pense avant qu’il ne soit trop tard. On vous l’a forcément dite un jour, que vous aviez 5 ans ou 18. Cette phrase, tout le monde la connait, tout le monde l’a déjà laissé s’échapper de ses lèvres. Ces mots ont déjà effleuré la peau de chacun d’entre nous. Certains prennent conscience de la vraie valeur de cette phrase, tandis que d’autre haussent les épaules et l’oublient dans la minute à suivre. Moi, je n’y ai pas cru. Je n’ai pas cru à ces paroles qui, à mes oreilles, sonnaient faux. Je me suis dit que j’avais toute la vie devant moi, que je n’avais pas à m’en faire et que j’aurai tout le temps qu’il me faudrait pour dire à tous ceux présents sur ma liste, ce que j’avais à leur annoncer. J’ai été naïve de croire que ça n’arrivait qu’aux autres, que le malheur pourrait éternellement me contourner. J’ai été naïve de croire que j’étais plus forte que les autres, et que rien ne pourrait jamais m’atteindre. Aux yeux de beaucoup, j’étais tellement insouciante. Tellement… Tellement stupide, même. Je passais mon temps à sourire et à répéter les mots « ouais, plus tard ». Je remettais sans cesse les choses au lendemain, et je recommençais lorsque ce fameux lendemain arrivait. Je retardais toujours tout, que ce soit les événements, les déclarations, les aveux ou autre. J’étais si sure de moi. Si persuadée que j’aurai tout le loisir de le faire « plus tard » comme on dit. Mais voilà, il arrive un jour où ce « plus tard » n’est plus possible. Il n’existe plus. Il s’évapore, comme vos espoirs de pouvoir dire ce qui restera à jamais étranglé dans votre gorge.

Je n’ai rien vu venir. Non, rien. Qui aurait pu prévoir ? Qui aurait pu savoir ? C’est arrivé tellement vite. Si vite qu’il eut suffi d’un clignement de paupières pour que tout mon monde s’écroule. D’un moment d’inattention, ou simplement d’ignorance, pour que je me rende compte que mon cœur était devenu noir. Tout n’était plus que désolation, chaos et peine. Plus rien ne pouvait arrêter le temps qui s’était écoulé trop vite. C’était le début de la fin, et je n’ai rien senti. Du moins, pas dans l’immédiat. Tout a progressé lentement, et pourtant, j’ai l’impression que tout ceci n’avait duré aussi longtemps qu’un simple et unique battement de cœur.

La fatigue a envahi mon corps, jour après jour. D’une façon si progressive que je n’ai pas pu m’en rendre compte par moi-même. C’est lorsque l’on me fit remarquer ma pâleur inhabituelle et ma perte de poids que j’osai alors me regarder dans un miroir. Ce reflet si imparfait, renvoyant la mort au fond de mes iris colorés. Mes mains se sont posées sur la glace et mon souffle a formé de la buée sur la surface lisse et translucide. C’est là que je me suis écroulée. C’est comme ça que je me suis retrouvée assise dans une salle d’attente d’un hôpital, les poings si serrés que mes phalanges étaient devenues blanchâtres. Je ne comprenais rien à ce qui m’arrivait, ni ce qui se passait. Ça n’était pas moi, ça ne pouvait pas être moi. Pas moi, la fille se croyant à l’abri de tous les dangers, de tous les dérapages. Se croyant épargnée de la souffrance. Toutes mes certitudes s’effondraient, et je me sentais vulnérable à un point où j’aurai voulu m’enfuir et me terrer quelque part pour ne plus jamais en sortir. C’était comme si l’on venait de couper les ailes d’un ange. Lui confisquant son simple désir de voler pour répandre le bonheur sur son passage. Sans qu’il s’en aperçoive, sa vie n’a plus de sens et sa seule issue reste de se planter les flèches qu’ils envoient de part et d’autre, au plus profond de son cœur détruit.

C’est au mois de Mars, le mois où je ne partis pas au Lycée, que je compris que je n’y retournerai pas. Je sentais tout mon corps me rappeler à l’ordre au moindre mouvement que j’avais le malheur d’effectuer. Comme une décharge électrique qui vous fait sans cesse vous souvenir que vous allez mourir. Un peu comme les colliers électriques des chiens ; c’est un avertissement m’annonçant que la fin approche. J’aimerai l’éviter, la combattre, mais je ne peux plus rien faire. Et il y a cette peur. Cette peur constante qui vous tord les tripes à vous en faire pleurer de rage. Je suis terrifiée, chaque soir. Je passe mes nuits à me demander si je verrai le soleil se lever. Encore. Et encore. Je me demande, à l’arrivée de la nuit, si c’est la dernière fois que je vois la lune briller. Chaque moment de la journée, j’en viens à les passer à me questionner sur le fait que c’est peut-être la dernière fois de ma vie que je les vis. C’est à partir de cet instant que le temps passe trop vite. Les aiguilles se déchaînent et vous avez l’impression que la lune et le soleil se livrent bataille pour savoir qui se lèvera et se couchera le plus rapidement possible. Tout vous semble passer à vitesse grand V, et vous avez l’intime conviction que vous êtes en train de devenir fou. Pourtant, seulement votre perception du temps est en train de changer. Mais c’est tout votre monde qui se métamorphose sous vos yeux, sans que vous ne puissiez rien faire pour l’en empêcher.

Avez-vous déjà eu peur de la mort ? Moi pas. Je me demande juste ce que ça fait de mourir. Qu’est-ce que l’on ressent ? Est-ce que ça fait mal ? Ou est-ce qu’au contraire, c’est rapide et doux ? Comme lorsque l’on tombe de sommeil ? Est-ce que toute la douleur s’arrêtera enfin ? La mort est-elle finalement une délivrance à tout ce martyr qui me déchire le corps, chaque minute passant ? Au fond, je ne me souviens même pas de ce que ça fait, de ne pas avoir mal. Est-ce que c’est si agréable que ça, de ne pas ressentir ces vives brûlures dans chacun de ses muscles ?
Malgré tout, je pense que quand je m’en irai, j’aurai le droit à un paisible repos. A un endroit meilleur qu’ici où je pourrai enfin trouver la paix et me libérer de ces chaînes d’acier.

Oui, ce n’est pas juste. J’ai 16 ans, et je suis en train de mourir. Je le sais. La vie n’est pas juste. Je l’ai finalement compris. Ça fait mal, mais il faut continuer à avancer et à faire de son mieux. Je croyais que la mort arrivait seulement aux autres, et jamais à moi. Je ne pensais pas qu’il était possible de se tromper à ce point. Je ne veux pas mourir. Je veux avoir mon diplôme, aller à l’université, me marier avec quelqu’un que j’aime et entrer dans le monde du travail. J’avais toute une vie devant moi et on vient de me l’arracher sans me demander mon avis. Vous savez quoi ? Finalement, j’ai peut-être peur de la mort. Enfin non. Mais j’ai peur de mourir.

Le dernier jour est arrivé. Je l’ai ressenti ce matin, en me levant. Je le sais, mais je ne saurai expliquer comment. Croyez-moi, ça ne m’a découragé. Au contraire. Cette connaissance m’a en quelques sortes renforcée, me donnant une ultime fois le courage de me lever et de m’extirper des couvertures. Couvertures dans lesquelles je ne replongerai jamais. Au fond, c’est le premier jour sympathique et agréable que j’ai eu depuis le début de ce cauchemar. Surement parce que je sais que tout se terminera au plus tard ce soir, et que je serai enfin libérée de toute cette douleur. Cependant, je n’ai rien dit. Je n’ai alerté personne. Je ne voulais pas que toute ma famille soit à mon chevet pour ma mort. Alors j’ai fait comme si de rien n’était. J’ai agi comme tous les jours, disant que je me sentais à peu près bien. Mensonge sur mensonge, je répétais inlassablement que tout allait bien. Et ce fut lorsque les étoiles se mirent à faiblement briller dans le ciel qui commençait à se teinter d’orange, que je me suis allongée sur le lit. Sans me recouvrir de quoi que ce soit. Je suis restée ainsi, habillée, les yeux entrouverts. L’air sortait et entrait dans ma bouche à un rythme de plus en plus faible. La dernière larme roulant sur ma joue annonçant l'un des derniers battement de mon cœur, fut le seul adieu que j’offris à mon entourage. Et ils n’étaient même pas là pour le voir.

J’aimerai que l’on parle de moi plus tard. Que l’on me parle de moi dans tout et rien. Non pas par envie de gloire ou même d’être connue. Je suis morte, alors quelle importance ? Non, j’aimerai que l’on fasse comprendre aux gens de toujours se dire que tout pourrait leur tomber dessus par inadvertance. Que les malheurs les plus terribles arrivent au moment où l’on s’y attend le moins. J’aimerai que l’on vienne sur ma tombe le jour de l’anniversaire de ma mort. Une affaire sombre où l’on se raconterait des histoires qui prennent des années de guérison.

Des histoires sur la fille qui pensait qu’elle aurait toujours plus de temps. Jusqu’à ce qu’elle n’en ait plus.

***

Parce que tout peut s'arrêter d'un coup. Et que du jour au lendemain peut se retrouver un jeune homme, rose en main, les joues ravagées par les larmes, ne comprenant pas ce qui est arrivé à celle qu'il aimait. Parce que plus personne n'est là pour le comprendre, pour l'écouter. Il se souvient encore des derniers instants passés avec elle. Il ne savait pas qu'il ne la reverrait jamais. A cet instant, il aurait tout donné pour revenir en arrière et pouvoir lui dire une dernière fois à quel point il tenait à elle.

« Je t'aime. J'espère que tu le sais.
- Je sais. Je t'aime aussi. »


Oui. Oui, il le savait. Il l'avait toujours su. Ses prunelles humidifiées par les larmes salées, devaient pourtant refléter toute la culpabilité qu'il ressentait au plus profond de son être. Il se sentait chuter dans un abyme ténébreux, avec l'impression de se noyer dans une rivière noire. Et personne ne pourrait jamais plus l'aider à remonter à la surface pour respirer.

« Je veux que tu ailles de l'avant une fois que je serai partie. Je veux que tu trouves quelqu'un qui t'aimes et te rendes heureux. Tu dois passer à autre chose, te rendre compte que la vie, c'est beaucoup plus précieux que la plupart des vivants le pensent. Oui, tu m'as perdu. Tu vas me perdre. Mais il y a d'autres gens là-bas qui veulent avoir la chance de t'aimer. Tu ne peux pas te blâmer pour une chose pareille. Je suis tombée malade, et ce n'est pas de ta faute. Ça n'a rien avoir avec toi ou moi, ce sont simplement des choses qui arrivent. C'est tragique, c'est horrible, c'est injuste, c'est tout ce que tu veux. Mais ça arrive. Et tu dois juste l'accepter et tourner la page. »

Il se mordait la lèvre, se retenait de ne pas pleurer. Comment la vie pouvait-elle oser lui infliger la pire des tortures ? Comment pouvait-on survivre à un tel déchirement ? Comment pouvait-on rester aussi neutre devant le sourire désolée de sa compagne, dont les lèvres tremblaient alors qu'elle tentait de paraître forte et heureuse ?

« Alors promets-le moi. Promets-moi que tu m'oublieras. Promets-moi que tu apprendras à aimer à nouveau quelqu'un comme tu m'as aimé, moi. On tombe amoureux plus d'une fois, c'est la vérité. Promets-moi que tu ne deviendras pas celui que j'ai toujours voulu que tu ne sois pas : un homme seul et perdu. Parce que même quand je serai partie, tu ne seras pas seul. Tu auras tout le monde autour de toi. Ne l'oublie jamais, s'il te plait. Il suffit de me promettre que tu ne vas pas te laisser tomber. »

La souffrance était telle qu'il ne parvenait plus à respirer. Luttant pour ne pas laisser s'enfuir de larmes, il baissa la tête et serra les draps sous lesquels était enfouis celle qu'il avait appris à apprécier. A aimer. Tout son corps tremblait sans qu'il ne puisse rien contrôler. Il voulut prononcer quelque chose, mais seul un gémissement désespéré sortit de sa gorge. Il se raidit, les yeux emplis d'une douleur indescriptible.

« Je te le promets. »

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MessageSujet: Re: Nouvelles.   Jeu 14 Jan - 23:42

INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS.
Contenu pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes.


J'ai juste écris cette petite nouvelle de 4 pages sur Word, pour me vider la tête. J'étais pas bien, je tremblais, je pleurais, alors j'ai voulu tout extérioriser. J'ai déballé ma haine, ma tristesse, mes angoisses, ma rage, à travers... ça. Ne cherchez pas de sens profond à ce texte, il n'y en a pas. Néanmoins, je m'en servirai peut-être pour faire une suite un jour, qui sait. A voir !
"Bonne" lecture, si vous comptez lire. o/

Note ; si ça gêne trop (mais je pense pas quand même o_o), je pourrai supprimer ce post, je comprendrai. J'ai posté la version la plus soft possible. *dies*
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DROWN ME INTO THE DARK.

« Tu es bien jolie dis-moi. »

Il est 3h30 du matin, d’après lui. Et je ne dors toujours pas. Je ne peux pas. Je bats des cils, ces cils longs et noirs comme du pétrole, recourbés au bout de mes paupières qui ne daignent toujours pas à se fermer. Des larmes forment des dizaines de minuscules gouttes de cristal sur mes joues. Sur mes lèvres, quelques taches de sucre glace. Dehors, la pluie déferle toute sa rage sur l’unique fenêtre de la pièce. Les murs tremblent sous les rafales du vent, et semble hurler une haine qui me fais frémir. Parfois, je me dis que j’aimerai être une goutte d’eau. Naître aux cieux, descendre libre et fière, pour venir m’écraser sur la terre ferme, achevant mon existence dans une dernière danse effrénée dans les bourrasques du vent.
Je ne suis pas malade, mais reste loin de la guérison. J’ai gagné une bataille, mais il y a toujours du poison dans mes veines. Laissons les ténèbres venir à moi, laissons-les essayer de voler mon âme. Si j’en ai une à voler.

« Pourquoi tu ne réponds pas, petite conne ? »

Je serre les dents sous le coup dans la nuque que je reçois. Je ne me débats pas, je ne hurle pas, je ne pleure pas, je ne cherche pas à m’enfuir. Je me plie seulement docilement aux exigences de mon bourreau. Répondant à chaque geste, chaque mouvement. Comme j’aimerai ne plus rien ressentir. Ne plus ressentir la peur, la douleur, l’effroi, la honte, le désespoir. Je n’espère plus de voir un héros venir à mon secours et me sauver de cette vie. Je n’attends plus rien, j’ai cessé d’y croire. Le plus dur reste cependant bien de pleurer, de crier, de faire croire que je continue à me battre, qu’il reste encore une étincelle en moi. Parce qu’il arrive que plus aucun son ne sorte de ma bouche.
Je tourne la tête, pour croiser le regard d’une femme de mon âge. Son visage est vide, ne trahissant aucune émotion. La peau ravagée par le sel de ses larmes, elle semble déjà morte de l’intérieur. Tout est silencieux, tellement silencieux et tellement calme. Seules nos respirations et la pluie, brisent l’atmosphère régnant dans la pièce. Je sens soudainement un murmure venir jusqu’à mon oreille, me faisant trembler de peur.

« Je vais revenir très vite et on pourra continuer à s’amuser. »

Il m’ébouriffe alors les cheveux, comme il l’aurait fait à un gentil petit chiot obéissant pour avoir sa récompense. Et il sort, claquant la porte derrière lui, nous laissant seules dans l’obscurité. Des sanglots, voilà ce que nous entendons. J’ignore combien nous sommes, ici retenues en captivité, comme des bêtes que l’on prépare à l’abattoir. Je pense qu’au fond, nous préférerions encore être tuées maintenant, que de continuer à souffrir. J’ai perdu la notion du temps, je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici, ligotée à une chaise de bois, impuissante. Et ça me terrifie. Je peux sentir de la sueur me couler dans la nuque. Il a violé aussi bien mon corps que mon âme. Il n’y a plus rien à salir, plus rien à prendre, plus rien à détruire. Je ne suis plus qu’une petite tache dans un océan de souffrance. Je veux mourir.

***

Ça a recommencé. Mais cette fois, ce n’est pas à moi qu’il s’en prend. J’ai beau hurler, me débattre, personne ne m’écoute. Et je la vois souffrir, devant mes yeux. Devant les yeux de tout le monde. Elle est en pleurs, et il s’en amuse. Chaque coup amplifie la grimace de plaisir qui se dessine sur le visage écœurant de ce monstre. Son regard lubrique ne quitte pas le corps de sa victime. Je le vois qui enfonce ses ongles dans la chair de la femme, ne la délaissant pas un instant des yeux. Et brusquement, sans que personne n’ait le temps de comprendre, il sort un stylo de sa poche, et le plante dans la carotide de sa proie. Un gémissement rauque s’échappe alors de sa gorge, et il s’empresse de s’humidifier les lèvres, comme si la souffrance de la femme était venue à sa bouche en un goût délectable. Pris d’une frénésie incontrôlable, d’une folie encore inconnue jusque-là, il continue à planter le stylo dans sa peau. Dix fois ? Vingt fois ? Cinquante fois ? Je perds le compte. Couvert de sang, il se contente de sourire, une ombre barrant les traits de son visage tordu. C’est frénétique, extatique, jouissif. Ce plaisir malsain qui pulse à chaque coup, à chaque éclaboussure de sang, lui donne l’impression d’être vivant. Il se sent renaître au fond de lui, ne parvenant plus à effacer cet étrange sourire qui anime ses lèvres de légères convulsions.

« Et je vais pouvoir vivre ça encore plusieurs fois. »

Il prononce cette phrase tout en nous regardant, les unes après les autres. Je me sens défaillir lorsque je comprends enfin que bientôt, ce serait mon tour. Le viol ne lui suffit plus, il doit tuer à présent. Je tourne la tête vers celle que je pense morte. Et c’est là que je remarque qu’elle est encore en vie. Il la laisse se vider de son sang, savant qu’elle est parfaitement consciente. J’aurai voulu plaquer une main sur ma bouche pour retenir la bile qui me monte dans la gorge, mais je ne peux pas. J’entrouvre les lèvres, me penche doucement en avant, et vomis sur le plancher.

***

« L’enfer, c’est les autres. »

Voilà ce qu’il répète depuis maintenant dix bonnes minutes. Sans comprendre, je le regarde faire les cent pas devant nous en se donnant parfois un brutal coup sur la tête, comme s’il était pris d’une pulsion qu’il ne peut contrôler. Je pleure, comme les autres, mais je ne dis rien. Je me contente d’observer, telle une spectatrice d’un morbide « show ». Il répétait en boucle qu’il n’avait rien en commun avec les Hommes. Qu’aucun lien ne le reliait à personne. Qu’il n’avait aucun désir, aucune raison d’avancer. Et il était venu me hurler à la figure en me demandant s’il était humain. Pour ma part, la réponse est déjà toute trouvée ; non, il ne l’est pas.

« Les autres ne sont que nuisances, agressions bruyantes et douloureuses. »

Il est tendu par la luxure, mais se retrouve aussi intoxiqué par la haine et l’envie de violence. Son sang bouillonne. Et en une fraction de seconde, la folie prend le dessus. Il agrippe une seringue qui pendait de la poche de son pantalon, et se plante l’aiguille tordue et souillée dans le bras. J’ignore ce qu’il s’injecte, mais ça ne peut être que mauvais.

« Aucun humain ne mérite de vivre. Tue-les, tue-les tous ! Ces nuisibles, ces êtres humains ! Tue-les ! »

Il se tourne alors vers un coin de la pièce, et revient avec une batte de baseball. Horrifiée, je le vois commencer à faire tourner son arme entre ses doigts, toujours avec cette lueur mauvaise dans le regard. Il ne bronche pas devant les multiples supplications qui s’élèvent alors de l’assemblée, venant de moi la première. Mais là encore, ce n’est pas sur ma pauvre petite personne que sa haine se porte. Doucement, il tourne la tête vers une femme qui se trouve derrière moi. Il sourit et s’en approche à pas lent, tout en sifflotant une mélodie qui me semble familière. Je peux entendre la batte s’enfoncer dans le crâne de la victime. Je peux entendre les os se broyer sous l'agressivité du choc. Et je peux aussi entendre les hurlements des femmes qui ont tout vu. Hypnotisé par ce qu’il vient de faire, il s’autorise un rire mesquin, me déclenchant d’atroces sueurs froides. Il caresse les cheveux de la femme qu’il vient d’abattre, avant de se pencher en avant et de planter ses dents dans sa nuque, comme l’aurait fait un vampire. Et là encore, un cri féminin me fit comprendre que la victime était toujours bel et bien vivante. Elle sent sa chair se faire déchirer, avant d’être totalement arrachée. Il laisse alors tomber son en-cas sur le sol, et plante ses doigts dans la plaie béante, broyant les tissus et les tendons qu’il trouve. Il ressort finalement ses doigts pour barbouiller le visage de la femme de son propre sang.

« Il n’y a vraiment que lorsque je tue que je ressens pleinement le sadisme, la haine, la rage, et le désir de destruction. »

Il affiche soudainement un air désolé, laisse tomber la batte sur le sol, et se prend la tête entre ses mains. Il commence alors à s’arracher des cheveux tout en se mettant à gémir et à tituber.

« Ne jamais prendre de décisions sous morphine. »

***

Les jours passent, et le nombre de victimes ne cesse de grandir. Nous devons désormais bien être à cinq cadavres de femmes, étendus sur le sol, devant nous. Il ne prend même pas la peine de les ramasser. Il les détache juste des chaises où elles étaient retenues prisonnières, et les laisse se vider de leur sang sur le parquet. Il a sous les yeux des cadavres, des corps mutilés et meurtris, humiliés. C’est malsain. Mais tellement jouissif. Certains pensent qu’il est fou, mais lui, il sait que sa théorie est la bonne. Il en est tellement persuadé. Et c’est là qu’il s’approche de moi. Ses yeux me dévorent, comme le lion s’apprêtant à bondir sur la gazelle. Je sens ses doigts me caresser les hanches, et sa bouche venir à la rencontre de ma nuque.

« Pourquoi n’as-tu pas plus de courbes féminines ? De poitrine et de fesses ? Pourquoi manques-tu de virilité et de charisme ? Pourquoi as-tu l’air si faible et banale ? Comment peux-tu parvenir à t’aimer dans de telles conditions ? Comment atteindre une perfection que tu es toi-même incapable de définir ? »

Je ne comprends rien à ce qu’il me chante, et me mets à pleurer. Lentement, silencieusement. Je ne suis pas sûre qu’il s’en rende compte. Ses paroles me piquent et m’écorchent la peau. Ce n’est pas mon orgueil qui a été blessé. C’est bien plus profond et sombre que ça.
Je veux détourner la tête, m’empêcher de le regarder, mais sa poigne me plaque contre le dos de la chaise, m’empêchant tout mouvement. Il me prend le menton et m’oblige à planter ses yeux dans les siens. J’hurle, mais autour de moi, personne n’ose rien dire. Je sens alors un épouvantable coup m’atterrir dans le visage, me déplaçant la mâchoire. Du sang me coule dans la bouche, et je me mets à tousser, pensant un instant que j’allais m’étouffer. Sonnée, je cligne des yeux et retiens des larmes. Je sens alors des lèvres rudes se plaquer contre ma bouche, et une langue abîmée venir à la rencontre de la mienne. Je ne comprends plus rien. Je tente de résister, sans succès. La bouche en sang, l’autre explose de rire. Je sens alors mon estomac se soulever et mon ventre s’enflammer. Je suis au bord du malaise. Je suis faible, tellement faible. Je n’ai pas été nourrie depuis plusieurs jours, ne recevant de l’eau qu’une fois par jour. Je ne sais plus comment réagir. J’en ai assez. C’est terminé. Je baisse les bras. Je lâche un soupir, et je me laisser aller. Qu’il fasse ce qu’il veut de toi, rien n’a plus d’importance. Je suffoque, je n’en peux plus. Je pleure, je hurle, j’étouffe, je saigne, je tombe. J’abandonne. Tout est fini. Je ne veux plus. Je ne peux plus. Le temps s'est écoulé. Pour moi, tout est lointain et je ne sais pas ce en quoi je peux croire. C'est tellement dur. Perdue dans la confusion du monde et j'ai besoin de m'en aller pendant un certain temps. Mes yeux ne luisent plus que d’un éclat gris. D’une certaine façon, je ne vis plus. Je ne suis plus qu’un être terrorisé et impuissant. Je ne peux pas me défendre éternellement. Il a gagné, j’ai échoué. Il m’a tout pris. Mais comment est-ce arrivé ? Je me surprends encore à me le demander. Il a eu ce qu’il voulait, je m'en vais loin d’ici. Je sais que le jugement a déjà été proclamé. Un dernier saut dans le vide, et mon cœur ne sera plus rien.
Je suis persuadée que je vais mourir. Et pourtant, il ne me fait rien. Il se contente de me regarder. Et vous savez quoi ? Je le regarde aussi. Peut-être cherche-t-il un peu d’espoir au fond de mes yeux. Même si je suis persuadée qu’il n’en trouvera pas, je le laisse faire.

« Tu es si appétissante. Alléchante. Délectable. Initiatrice de pertes de contrôle. Ton sang me rend fou. »

Je ne peux pas résister. Je me mords la lèvre, je ne cille plus. Toute mon attention n’est plus qu’à lui désormais. Je ne sais pas ce qui m’arrive. Quel est donc cet affreux sentiment ? Je me souviens encore de la nuit où il m’a amené ici avec toutes les autres, et que je m’étais dite que j’allais mourir, mais surtout que je le détestais au plus haut point. Cette nuit-là, elle est gravée au fer rouge dans ma tête. Elle est comme agrippée à mes yeux et mon âme, m’alourdissant. Je la revis en boucle. Cette nuit, tout m’avait semblé être au ralenti, et que le monde autour de moi avait tourné beaucoup trop vite. Ç’avait été une nuit noire et rouge, lumineuse et sombre, floue et en même temps tellement nette.
Lentement, il détache les liens qui nouent mes mains et empêchent le sang de correctement circuler dans mes doigts. Il tient ma main qui se refroidit et essaye de me la réchauffer du mieux qu’il peut, de lui insuffler un peu de vie. N’est-ce pas un tant soit peu ironique ? Il ôte la vie à des personnes sans la moindre pitié se dessinant sur son visage, et tente à présent de ranimer mes mains. Je me perds dans mes pensées, et je ne fais plus attention à ce qu’il se passe autour de moi. Je fixe plus les prunelles choquées qui me dévisagent les unes après les autres, choquées, sans comprendre. Il n’y a rien de physique, rien de rationnel. Il tue pour le plaisir, et je n’ai plus peur de lui. Je suppose que tout ira bien maintenant, il est avec moi. J’avais encore peur de lui il y a quelques instants, et plus rien à présent. Tout ce qu’il fait me cause de la peine, il me torture d’un sourire, et me brûle de ses flammes.

Lorsque leurs regards se croisèrent, tout disparu en un instant. Mais ça n’avait rien de romantique. Pas de coup de foudre, pas de papillons dans le ventre, de violons ou de frissons.
Juste des yeux de glace se plongeant dans ceux de l’autre, un fin sourire sur les lèvres tachées de sang.


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Peut-être que certains l'auront compris ; nous avons affaire ici à une détenue qui souffre désormais du syndrome de Stockholm. Le syndrome de Stockholm désigne un phénomène psychologique observé chez des otages ayant vécu durant une période prolongée avec leurs geôliers et qui ont développé une sorte d'empathie, voire une sorte de sympathie ou de contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, selon des mécanismes complexes d'identification et de survie.
Je voulais vraiment changer du classique type du pauvre petit détenu qui cherche à tout prix à s'enfuir des griffes de son bourreau et tout le bordel.

_________________
« It comes in waves, I close my eyes. Hold my breath and let it bury me.
I'm not okay, and it's not alright. Won't you drag the lake and bring me home again ?
Who will fix me now ? Dive in when I'm down ? Save me from myself, don't let me drown.
Who will make me fight ? Drag me out alive ? Save me from myself, don't let me drown. »



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MessageSujet: Re: Nouvelles.   Jeu 14 Jan - 23:43

C'est un peu une histoire "vent". Enfin breeef... Excusez les potentielles fautes, j'ai pas eu le courage de relire. x)
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Je rabats la couverture de mon livre de mathématiques en poussant un soupir de soulagement. Ces devoirs sont enfin terminés. Je suis en CM2, et les exercices sont déjà tout de même très compliqués ! Je me mords la lèvre et dirige mon regard vers Laureline, ma meilleure amie. Elle n’a toujours pas terminé son addition, et des gouttes de sueurs luisent sur son crâne. Elle n’a jamais été très douée pour les calculs, et je me fais toujours un plaisir de l’aider. Je souris et pointe mon doigt sur ses chiffes.

« Là c’est 4, puis 6. Ensuite, tu soustrais 3. »

Son visage semble s’illuminer, et elle me sourit en retour. Elle me lance un remerciement chaleureux, et se dépêche d’écrire ce que je viens de lui dire. Elle ferme à son tour son cahier, et plonge ses yeux noisettes dans les miens. Je sens mon cœur s’accélérer et ma respiration commence à devenir saccadée.

« On va jouer au ballon dehors ? »

Je la regarde un peu de travers, douteuse. Je pris une mèche de mes cheveux et la tortille entre mes doigts.

« Ta maman est d’accord ?
- Mais oui ! »


D’abord hésitante, je me laisse entraîner et gagnée par l’enthousiasme de mon amie. Elle m’attrape la main et me tire dehors, en refermant prudemment la porte derrière elle.

« Tu m’attends hein ? »

Elle court alors jusque dans sa cabane en bois, et en ressort avec un ballon en plastique aux couleurs de l’arc-en-ciel.

« Marine, réflexe ! »

Je me retrouve rapidement avec le jouet entre les mains, les yeux écarquillés par la surprise. J’éclate de rire et relance le ballon vers Laureline, qui donne un coup de pied dedans. Je veux le rattraper, mais manque mon coup et tombe au sol sur le ventre, le ballon passant à quelques centimètres de mes doigts tendus en avant.

« Aïe ! »

Ma meilleure amie s’arrête de courir vers la balle, et s’avance vers moi, un air soucieux sur le visage. Ses jolis sourcils sont froncés, et une moue tordait ses traits de façon totalement adorable. Je roule sur le dos et fais semblant de souffrir le martyr en me tordant dans tous les sens. Je ne peux néanmoins retenir un rire, et rapidement, mon corps fut secoué de spasmes causés par le fou-rire qui me chatouillait l’estomac.

« Tu aurais dû voir ta tête !
- C’est pas drôle ! »


Laureline serre ses petits poings, et commence à marcher vers la porte de la maison.

« Je vais le dire à ma Maman ! »

Je me rends alors compte de ma blague de mauvais goût, et me relève en grommelant. Je me lance à la poursuite de mon amie, et me retrouve derrière elle avant qu’elle n’ait le temps de toucher à la poignée. Je la fais se retourner et la plaque contre le mur blanc se trouvant derrière nous. J’ai toujours eu plus de forces qu’elle, et ça n’est pas aujourd’hui que les choses changeraient. Elle me tire alors la langue, et commence à rire à son tour. Je reste immobile un petit moment, avant de prendre Laureline dans mes bras.

« Je t’aime, tu sais ?
- Moi aussi, Marine. »


L’une le pense vraiment. Laureline le pense vraiment. Mais ça, je ne le sais pas encore. Du haut de ses 10 ans, elle comprend la puissance et l’importance de ces mots. La vie a forcé l’une d’entre nous à être plus mature pour son âge. Et moi, je ne comprends pas encore la profondeur de cet échange. Mais ce n’est pas grave, parce que Laureline ne veut pas m’arracher mon enfance, ma pureté, et ma terrible naïveté. Elle m’embrasse sur la bouche, comme elle a l’habitude de le faire quand nos parents ne nous voient pas. Je ne sais pas s’ils aimeraient ça. Je me laisse faire, ce n’est pas désagréable, alors pourquoi refuser ? C’est notre secret, nous sommes seules dans ce jardin, alors on se permet de s’embrasser. Et d’observer la nature, le ciel, le quotidien. Mais soudain, un cri nous fait nous arracher l’une à l’autre, et nous nous retournons, rouges jusqu’aux oreilles. Mon Papa s’avance vers nous, et semble furieux. Honteuse, je me mets à jouer avec mes doigts, pendant que Laureline s’éclipse chez elle en trouvant refuge dans sa maison. Je ne peux pas lui en vouloir de fuir la colère de mon Papa. Je la comprends.

« Tu vas me suivre jeune fille, nous allons devoir avoir une discussion sérieuse. »

Je me souviens encore de cette voix tremblante, comme s’il avait été sous le choc. Je me laisse traîner jusqu’à chez moi, les pas lents et trainants. J’habite à seulement quelques mètres de chez Laureline, et pourtant, le temps me semble interminable. J’ai hâte de retrouver Maman, elle au moins, elle me comprendra peut-être, qui sait ? Mon Papa ouvre brutalement la porte d’entrée et me pousse à l’intérieur d’un coup de main dans le dos. Je proteste, mais retrouve rapidement le silence devant le regard noir de mon père. Une fois dans le salon, il commença à faire les cents pas devant moi et ma Maman, qui elle, ne dit rien. Elle ne me défend pas. Rien. Je me sen seule, vraiment seule. Je veux m’enfuir, retrouver Laureline. Mais je ne peux pas. Il est en colère, tellement en colère, que Maman ne peut rien dire.

« Papa, je…
- Tu sais très bien que c’est mal d’embrasser des filles sur la bouche !
explose mon père, furibond. Il est si rouge que j’ai l’impression que de la fumée va sortir de ses oreilles. L’image me fait sourire pendant quelques secondes, mais mon air dépité revient vite sur mon visage. »

Je ne comprends pas. Pourquoi c’est mal ? A quoi bon répondre à ça ? Papa ne me comprendrait pas de toute façon. Je n’ose pas le contredire. Je ne devrais pas être honteuse, et pourtant, je le suis quand même. Je sens des larmes me piquer les yeux, mais je me tais. Encore une fois, le silence reste mon seul compagnon dans de tels moments.

« Ça ne doit plus se reproduire, d’accord Marine ? Je t’interdis de revoir cette fille. Et gare à toi si je t’en vois en embrasser une autre. »

Papa essaye de se rassurer, en se disant à lui-même que c’est une erreur de jeunesse, que ça ne peut pas être possible, que ça va passer avec le temps. Mais quelle erreur ? J’ai fait quoi de mal ? Je tourne la tête vers ma Maman pour chercher un peu de réconfort, mais rien. Elle se contente de garder ses lèvres serrées, et d’afficher une mine attristée. Maman, réagis ! Je commence à paniquer, et une larme coule sur ma joue pour venir s’écraser sur ma bouche. Un goût salé m’emplit la bouche, et je renifle. Finalement, la femme dans la pièce décide enfin d’intervenir.

« Chéri, elles ne savaient pas ! Elles n’étaient pas conscientes de ce qu’elles faisaient. On peut toujours leur interdire de se voir pendant un mois. Elles auront oublié d’ici là, j’en suis certaine. »

Mon père se frappa le front, enrage, et foudroie ma Maman du regard. Pendant un tout petit moment, j’ai cru qu’il allait la frapper. J’ai peur.

« Ah oui, bien sûr ! Et à l’école, on va faire comment, hein ?!
- On a qu’à demander à leur maîtresse de les séparer, pour des raisons personnelles. Elle ne peut pas refuser. »


Papa sembla réfléchir, avant de soupirer et de secouer la tête.

« Très bien. »

Je croise les bras sur ma poitrine et baisse le regard. Vexée, contrariée, je renifle à nouveau, mais de frustration cette fois. « Vous pourrez faire tout ce que vous voulez, vous nous séparerez pas ! » Je ne comprends toujours pas ce qu’il y a de mal à être une fille et d’embrasser une fille. Papa ne voulait jamais me l’expliquer, jamais. A chaque fois, il se contente de me dire que c’est très mal, mais ne me donne aucun raison qui tient debout ! C’est vraiment pas juste.

« Marine ? »

A l’entente de mon prénom, je redresse la tête et rencontre le regard dur de mon père.

« Je t’interdis de revoir Laureline pendant un mois. Et attention, plus de bisous sur la bouche ! »

Je cligne des yeux et hausse la tête. Papa prend ça pour un consentement, et quitte la pièce, satisfait. Je lance un regard désespéré à ma mère, qui ne dit rien pour me rassurer et me remettre en confiance. Elle ferme juste les yeux, se passe une main dans les cheveux, et monte dans sa chambre. Je me retrouve seule dans le salon, debout au milieu de la pièce. Et sur mes lèvres, flotte encore le parfum de ma meilleure amie.

***

C’est très long. Trop long. Je laisse tomber ma tête sur la table de ma classe, et commence une nouvelle fois à me morfondre. Nos parents, à moi et à Laureline, ils ont demandé à la maîtresse de changer Laureline de classe, et de nous interdire de nous voir pendant les récrés et la cantine. Mais on a fait quoi pour mériter ça ! Je n’arrive plus à me concentrer en classe, mes notes chutent. Le manque d’elle s’est fait ressentir au bout de seulement trois jours. Mon cœur est serré, je n’en peux plus. C’est la fin du mois aujourd’hui. On est censé s’être oublié, Laureline et moi. Mais de mon côté, ça a pas réussi. Ça a même totalement échoué. Mon amie, elle, s’est enfermée dans le mutisme. Mais aujourd’hui, la punition est levée. Enfin levée ! A la sortie de l’école, je trouve Laureline qui attend ses parents devant l’entrée. Je m’approche par derrière et plaque mes mains sur ses yeux.

« Devine qui c’est ! »

Mon amie pousse un cri de surprise, et se retourne. Ses yeux se mettent à briller lorsqu’elle me voit, et elle me saute au cou en riant. Je lui fais un énorme câlin, et Laureline pose sa tête contre mon torse.

« Tu m’as manqué Marine.
- Toi aussi. Je savais pas quoi faire sans toi ! »


J’attrape alors la main de ma meilleure amie, et l’entraîne à l’écart des autres. On s’assoit alors dans l’herbe du petit parc, à cinq mètres de l’école. Laureline se positionne derrière moi et commence à jouer avec les boucles blondes de mes cheveux. Une question me démange depuis longtemps, et au moindre contact des doigts de mon amie sur mes épaules, je frémis.

« Dis Lolo’, tu veux bien être ma co… mon amoureuse ? »

La petite fille stoppe ce qu’elle est en train de faire, et je me retourne pour la regarder face à face. Elle ouvre grand ses yeux bruns, et penche la tête sur côté d’un air interrogateur. Elle ne sait pas quoi trop répondre, et je me sens soudain mal à l’aise. Peut-être que je n’aurais pas dû lui dire ?

« Maman m’a dit qu’une fille devait aimer un garçon. C’est comme ça… »

Je baisse la tête, dépitée.

« Oui… je marmonne. Mon Papa m’a dit ça lui aussi. C’est nul. Mais tu m’aimes pas ?
- Si ! Mais c’est pas normal. On peut pas… »


Je fais alors la moue et fais mes yeux de chiens battus à ma meilleure amie. Je sais qu’elle n’y résiste jamais bien longtemps !

« Rooh, t’es chiante ! »

Laureline m’attrape alors les mains entre ses doigts, et s’approche doucement de mon visage. Mon cœur se met à battre la chamade, et nos lèvres se touchent de nouveau pour la première fois, après un mois d’attente. Une explosion éclata dans mon ventre, et je me rends alors compte que je ne m’étais jamais sentie aussi bien. Mais brusquement, mon Papa surgit de nulle part, arrache Laureline de mes bras, et me colle une gifle. C’est la première fois qu’il me frappe. Ma joue me brûle et je sens les larmes me monter aux yeux.

« Mais Papa ! »

Les parents de ma meilleure amie surgissent alors de derrière mon père, et font monter leur fille dans leur voiture. Je vois Laureline disparaître à l’horizon, son visage collé à la fenêtre du véhicule, me lançant un regard désolé. Je me sens alors abandonnée, trahie, et affreusement mal. Je lève les yeux vers mon père, qui meurt d’envie de me remettre une claque dans la figure.

« Tu me déçois tellement. Tellement ! Il est temps de régler cette histoire, une bonne fois pour toute. »

Je me mets à pleurer à chaudes larmes ; pourquoi Papa est-il si méprisable ? Pourquoi ne comprend donc-t-il pas ?
Une fois arrivés à la maison, mon père prend une grande décision. Nous sommes au mois de Juin, les grandes vacances approchent. Et il y aura l’entrée en 6ème, en Septembre. Il va donc faire en sorte que je ne sois pas dans le même Collège que Laureline. Et que je ne la revois plus. Je me retrouve alors privée de sortie, et surveillée de près. Je pleure de plus belle en apprenant la nouvelle, mais mon père ne réagit pas. Ma Maman essaye de me consoler en me faisant un câlin, sans succès. Ce n’est pas d’un câlin dont j’ai besoin, c’est de mon amoureuse.
Et puis, la rentrée en 6ème arrive. Laureline déménage. Et je ne la revois pendant le prochain mois. Ni un mois plus tard. Ni trois. Ni cinq. Ni un an. Ni deux ans.

***

Je suis en 2nd maintenant. J’ai 15 ans. J’ai de nouveaux amis, qui ne sont pas dans ma classe, ni même dans mon Lycée, mais peu importe. J’ai une nouvelle meilleure amie. Une sœur de cœur. Depuis la 4ème, nous sommes inséparables. Ma Elsa. Mais rien ni personne ne remplacera jamais… Laureline. Elle hante toujours parfois mes pensées. Je me demande comment aurait été la vie si j’étais restée à ses côtés. Aurions été encore ensembles aujourd’hui ? J’en doute, et pourtant. Elle m’avait dit qu’elle serait avec moi, où que je sois. Mais je n’ai pas l’impression qu’elle soit là aujourd’hui. Je ne sens pas sa présence. Ça fait 5 ans que je n’ai plus eu de nouvelles. Plus rien. Mon cœur pleure constamment. C’est un manque continu. On m’a dit un jour que je pourrai un jour de nouveau être heureuse, pouvoir vivre sereinement. Alors je me force à y croire ; de toute façon, j’ai pas le choix. J’ai aimé chaque détail de ma vie à ses côtés, mais plus maintenant. Je crois que je l’ai aimé plus que n’importe quoi.
Concentrée sur mon dessin, je sursaute lorsque mon portable vibre. Je lâche un soupire et attrape le mobile, pour ouvrir le message que je viens de recevoir. Numéro inconnu ?

« Hm. »

A l’écran, s’affiche : « Salut. Tu es disponible pour parler ? Rendez-vous au parc à côté de chez toi ? » J’hausse les sourcils et marmonne dans ma barbe. Encore quelqu’un qui s’est trompé de numéro. Oui, j’ai un parc à côté de chez moi, mais ça ne veut rien dire.

A : Numéro inconnu : Vous avez du vous tromper de destinataire. Bonne journée.
De : Numéro inconnu : Non, Marine, je ne crois pas.


Je manque de m’étouffer avec ma salive. Comment cet inconnu connait-il mon nom ?

A : Numéro inconnu : Excusez-moi, mais qui êtes-vous ?
De : Numéro inconnu : Rejoins-moi simplement au parc. S’il te plait…


Je me mords la langue et range mon portable dans ma poche, en me relevant. Oui, ça peut très bien être un pervers qui veut ma peau et me violer dans un recoin sombre, mais bon. En pleine journée ? Je n’y crois pas trop. Et puis, la curiosité est trop forte. On ne va pas me blâmer pour ça. Je descends les escaliers, attrape ma veste en cuir, et enfile mes bottes noires. J’ouvre la porte d’entrée et me rue dehors. Je frissonne sous le coup violent du froid, et plisse les yeux. Je me secoue et commence à marcher vers le parc. J’arrive à destination en à peine trois minutes. Je m’engouffre sur le sentier de sable, et aperçois une silhouette féminine au loin. Je ne reconnais pas tout de suite la personne, mais mon instinct me fait rapidement comprendre que c’est la destinataire de ces sms que je viens de recevoir. C’est en continuant à avancer, que mon cœur manque un battement. Je manque de faire une crise cardiaque, et fais trois pas en arrière, le souffle coupée. Devant moi, l’adolescente de mon âge, me regarde d’un air attendrie, un sourire timide sur le visage. Les années avaient beau l’avoir changé, je n’ai aucun mal à la reconnaître.

« Laure… Laureline ? Qu’est-ce que… Je… Merde !
- Contente de te voir. »


Sa voix résonne à mes oreilles, et explose dans mon crâne. Je suis prise d’un vertige et suis obligée de m’appuyer contre l’arbre le plus proche.

« Qu’est-ce que… tu fais…. Ici ? Tu as déménagé, et… ?! »

Mon ex ( ?) me regarde doucement et approche ses doigts de mon bras, pour m’attraper le poignet comme elle avait l’habitude de le faire à 10 ans.

« Tu m’as manqué. »

Toujours sur le choc, je suis incapable de penser correctement.

« Comment est-ce que tu m’as retrouvé ?
- Grâce à Morgane. Une très bonne amie à moi, qui est aussi une amie d’Elsa, qui est… ta meilleure amie. »


La façon dont Laureline insista sur le « ta » me serre le cœur, et je détourne le regard, prise d’une honte grandissante.

« Pourquoi maintenant ? J’veux dire… Tu n’as pas eu un portable seulement cette année.
- Je… »


La blonde se passe une main sur le visage, et soupire lentement.

« Je n’en ai pas eu le courage. Jusqu’à aujourd’hui.
- C’est dingue… »


Un silence s’installa entre nous. Soudainement, sans me laisser le temps de comprendre quoi que ce soit, Laureline s’avance vers moi et frôle mes lèvres des siennes. Je recule la tête, surprise.

« Qu’est-ce que tu fiches ? »

Laureline déglutit avant de baisser le regard.

« Je t’aime…
- Ow ow, calme tes ardeurs s’il te plait ! Ça fait 5 ans, 5 putains d’année qu’on ne s’est pas vues, et tu crois que tu peux débarquer à nouveau dans ma vie comme ça et te jeter sur moi ?
- T’es en couple ?
- C’est pas le problème. »


Les yeux remplis de larmes, l’adolescente est secouée d’un sanglot et n’arrive pas à retenir son désarroi.

« J’ai attendu tout ce temps, pour cette réaction ? Tu m’aimais avant…
- Mais merde Laureline, on était des gosses ! On a grandi depuis. On a changé. Je suis vraiment désolée, mais nous deux… c’est du passé. On ne s’est pas revu depuis des années. J’ai évolué, et je suis sûre que toi aussi. Alors s’il te plait, n’essaie pas de me récupérer, parce que tu vas te casser la gueule. »


Je me rends compte de mes propos, seulement après les avoir prononcé. Et c’est trop tard pour ravaler ce que je viens de dire. Je veux m’excuser, mais Laureline me coupa la parole.

« Tu n’as jamais été douée avec les mots. »

Laureline me fusille du regard à travers ses larmes, et tourne les talons. Je reste plantée là. Je ne fais aucun geste pour la retenir. A quoi bon ? Le cœur lourd, je regarde mon amie, mon amour d’enfance, s’éloigner.

***

J’ai 16 ans et demi maintenant, je suis en 1ère. Ça fait de nouveau plus d’un an que je n’ai plus de nouvelles d’elle. Et c’est peut-être mieux comme ça. Et même si j'en aime une autre, j'aimerai que tu saches à quel point je regrette.

Parfois, on reste lié à notre amour d’enfance. Et parfois non.

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I'm not okay, and it's not alright. Won't you drag the lake and bring me home again ?
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